Le piège de la violence conjugale

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Vous n’êtes pas la seule
En Suisse, 
une femme sur cinq est maltraitée physiquement ou sexuellement par un conjoint ou partenaire au cours de sa vie,
deux femmes sur cinq le sont psychologiquement (L. Gillioz, J. De Puy, V. Ducret « Domination et violence envers la femme dans le couple ». Ed. Payot Lausanne, 1997). 

Cette violence touche des femmes de tous les milieux, des plus aisées aux plus modestes, et de toutes les catégories, jeunes comme âgées, Suissesses comme étrangères.

Ce n’est pas de votre faute
L’auteur des mauvais traitements est seul responsable de ses actes, quels que soient les prétextes invoqués. Ce n’est pas votre attitude qui le rend violent, mais ce qui réagit en lui. Vos façons d’agir ne peuvent en aucun cas être la cause de sa violence, tout au plus lui servent-elles de déclencheur ou de révélateur.

Si votre partenaire ne supporte pas certains de vos comportements, il n’en a pas pour autant le droit de vous maltraiter.

LE CYCLE DE LA VIOLENCE
La violence se déroule pratiquement toujours sous la forme d’un cycle de trois phases qui se répètent :

  1. LA TENSION MONTE
    Vous pouvez sans doute déjà repérer des signes de violence, mais vous croyez que c’est passager et que vous pourrez calmer les choses.  
          
  2. LA TENSION ACCUMULEE EXPLOSE EN ACTES DE VIOLENCE
    C’est alors un débordement qui, de reproches en insultes, d’humiliations en menaces, peut aller jusqu’aux coups et aux blessures.     
      
  3. CETTE EXPLOSION EST SUIVIE D'UNE PERIODE DE CALME
    C’est souvent un « sursis amoureux ». Votre partenaire cherche à se faire pardonner, s’excuse, promet de ne plus recommencer.
    Vous reprenez espoir et voulez oublier votre souffrance. C’est comme une nouvelle lune de miel. Mais cela ne dure pas.

Et ce cycle recommence avec des phases de plus en plus rapprochées et des agressions de plus en plus graves.

La violence détruit votre bien-être et dégrade votre santé
Si la violence ne laisse pas toujours des marques sur votre corps, elle affecte à coup sûr votre bien-être. Elle mine votre confiance en vous et dégrade votre santé. Si vous vivez continuellement dans la peur, si vous êtes anxieuse, déprimée ou stressée, si vous souffrez régulièrement d’insomnies ou de maux de tête, cela a certainement un lien avec ce que vous vivez dans votre couple.

Vos enfants aussi sont concernés par la violence
Qu’ils assistent directement ou non aux scènes, les enfants ne sont jamais épargnés par la violence conjugale. Même s’ils ne l’expriment pas clairement, ils sont fragilisés. Souvent, ils voudraient pouvoir intervenir et se chargent d’un rôle protecteur trop lourd pour eux. Leur souffrance peut se manifester dans leurs comportements : difficultés d’apprentissage, énurésie, troubles de l’alimentation et du sommeil, agitation, difficulté à établir des relations avec des enfants du même âge, etc.

Brisez le silence, parlez de la situation avec eux pour leur faire comprendre qu’ils n’en sont pas responsables.

Pensez qu’ils peuvent être anxieux et animés de sentiments contradictoires : soulagement mais crainte de l’inconnu, colère contre leur père mais peur de l’abandonner, etc.

N’hésitez pas à mettre le personnel enseignant au courant s’ils ont des difficultés à l’école.
Vous pouvez aussi faire appel à un-e thérapeute spécialisé-e pour leur offrir un soutien.

Il existe des alternatives à la violence.