Les alternatives à la violence

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Elles sont diverses, à vous d’opter pour celle qui convient le mieux à votre situation.

  1. VOUS AIMEZ VOTRE PARTENAIRE,
    c’est sa violence que vous n’aimez pas. Vous pensez que votre relation peut s’améliorer et vous désirez la poursuivre.
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  2. VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA VIOLENCE,
    mais vous craignez d’en parler, vous avez des difficultés à agir, vous ne savez que faire.
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  3. VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA VIOLENCE,
    et vous souhaitez une intervention extérieure dans votre couple. C’est le rôle de la Justice.
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  4. VOUS VOULEZ VOUS SEPARER,
    provisoirement ou définitivement.
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  5. VOUS ETES DEJA SEPAREE OU DIVORCEE,
    cependant votre ex-mari ou ami ne cesse de vous harceler et de vous importuner.

1. VOUS AIMEZ VOTRE PARTENAIRE,
c’est sa violence que vous n’aimez pas. Vous pensez que votre relation peut s’améliorer et vous désirez la poursuivre.
Après vous avoir violentée, votre compagnon vous a peut-être demandé pardon, promis de ne plus recommencer. Peut-être même a-t-il commencé à changer de comportement.
En dépit de ses promesses, la violence s’est répétée.
Il faut savoir qu’il est très difficile de briser l’engrenage de la violence sans une aide extérieure.

Vous pouvez trouver des aides spécialisées
(voir adresses utiles).

Pour les femmes victimes :
Solidarité Femmes
Le Centre LAVI

Pour les hommes qui ont recours à la violence :
VIRES

Si vous souhaitez entreprendre une démarche à deux, sachez qu’une thérapie de couple ou un conseil conjugal peut être profitable pour autant qu’il n’y ait pas ou plus de violence ou de menace de violence, par exemple lors d’une séparation temporaire.
Hors violence, un travail à deux peut vous aider à clarifier la situation et à envisager des solutions à vos conflits.

C’est d’abord à votre partenaire qu’il appartient de régler la question de sa propre violence.

Toute nouvelle menace ou agression rendrait évidemment la démarche caduque, car dès que vous avez peur, vous ne pouvez plus vous exprimer librement et faire valoir votre point de vue.

2. VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA VIOLENCE,
mais vous craignez d’en parler, vous avez des difficultés à agir, vous ne savez que faire.
Vous avez perdu confiance en vous, vous vous sentez impuissante, vous avez peur et honte. Des sentiments et désirs contradictoires vous animent et vous n’arrivez pas à prendre une décision.

Vous vous sentez prise au piège.
C’est une des conséquences de la violence.

Vous avez besoin de prendre de la distance pour vous retrouver et faire le point.
Sachez qu’il est très difficile d’y voir clair sans s’éloigner, au moins momentanément.

Vous vous sentez seule
Vous avez l’impression que personne ne peut comprendre ce que vous vivez. Pourtant il existe des services spécialement destinés à venir en aide aux personnes dans votre situation.

Parlez, demandez de l’aide !

Que vous souhaitiez ou non vous séparer, vous pouvez contacter un de ces centres où, en toute confidentialité, vous serez écoutée, conseillée et orientée.
Vous y recevrez des renseignements sur vos droits et une aide pour des démarches si vous le désirez.

Si vous n’êtes pas prête à faire ce pas, rompez au moins votre isolement en parlant à quelqu’un-e de votre entourage, en qui vous avez confiance (ami-e-s, famille, collègues, voisin-e-s).

Ne restez pas seule avec votre peur et votre souffrance.

3. VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA VIOLENCE,
et vous souhaitez une intervention extérieure dans votre couple. C’est le rôle de la Justice.
Vous pouvez demander que soient réglées certaines modalités de votre mariage, soit en continuant à vivre avec votre mari, soit en vivant séparé-e-s.


Ce sont les mesures protectrices de l’union conjugale
(voir "Les mesures protectrices") que vous pouvez demander au/à la juge du Tribunal de premier instance. Il est préférable de le faire avec l’assistance d’un-e avocat-e.

Si vous continuez à vivre avec votre mari, ces mesures fixent les contributions financières qu’il doit vous verser pour l’entretien de la famille. Le/la juge peut prendre diverses décisions comme ordonner à l’employeur de votre mari de vous verser directement tout ou partie de son salaire. Il peut également faire bloquer les comptes bancaires, etc.

Si vous choisissez de vivre momentanément séparée de votre mari (la loi ne fixe aucune limite de temps), vous pouvez notamment demander au/à la juge de vous attribuer le logement, la garde des enfants et des contributions à l’entretien.

4. VOUS VOULEZ VOUS SEPARER
provisoirement ou définitivement.
Vous ne supportez plus la violence. Vous avez besoin d’un temps de répit et de réflexion ou vous avez déjà décidé de vous séparer définitivement.

Sachez que
Vous avez le droit de quitter le domicile conjugal
en cas de violence contre vous ou vos enfants (art. 175 du Code civil). Il n’est pas nécessaire de signaler votre départ au commissariat de police ni de demander l’autorisation du/de la juge. On ne pourra pas vous le reprocher par la suite.

Vous avez aussi le droit de rester.

Vous pouvez demander l’attribution du domicile conjugal dans une procédure. En cas de danger, il est toutefois vivement conseillé de vous mettre à l’abri en attendant que la Justice statue.

Où aller ?
Vous pouvez trouver refuge chez des parents, des ami-e-s, dans un foyer d’hébergement ou ailleurs, à votre convenance.
Si vous en avez les moyens, vous pouvez également vous réfugier à l’hôtel.
Si vous ne savez pas où aller, contactez Solidarité Femmes ou le Centre LAVI qui vous aideront à trouver un hébergement, même si vous n’avez pas d’argent ou pas de permis de séjour.
Si vous avez des difficultés matérielles, vous pouvez être aidée (voir "Les prestations matérielles").

Si vous avez des enfants
Il est préférable de les emmener, pour éviter le reproche de les avoir abandonnés. Vous pourriez ensuite avoir des difficultés à les récupérer, car leur père a autant de droits que vous sur eux tant que la garde n’a pas été attribuée. En cas de désaccord au sujet de la garde, il est conseillé de s’adresser le plus rapidement possible à la Justice.

Contactez le Service de Protection des Mineurs
dès votre départ, si leur père veut voir les enfants. C’est ce service qui a la mission d’organiser le droit de visite, éventuellement dans un lieu protégé.

Un départ prévu et préparé réduira les difficultés.

Si vous le pouvez, pensez à emporter:
  • vos affaires personnelles
  • les affaires de vos enfants, (vêtements de rechange, jouets préférés, cahiers et livres d’école, etc.)
  • de l’argent et vos valeurs personnelles
  • les médicaments indispensables, surtout si vous, ou l’un de vos enfants, êtes en traitement.

Le maximum de documents vous concernant:

  • vos pièces d’identités et celles de vos enfants, livret de famille
  • permis de séjour
  • carte AVS
  • carte bancaire, carnet de chèques, carnet d’épargne
  • certificat de travail et fiche de salaire
  • certificats d’assurance
  • constats médicaux attestant des violences subies
  • tout document utile pour établir la situation financière du couple (extraits de comptes bancaires, documents attestant des charges régulières, reconnaissance de dette, documents relatifs à des acquisitions immobilières, etc.).


Si votre départ s’est fait dans l’urgence et que vous n’avez pas pu emporter tous vos effets personnels ou ceux de vos enfants, vous pouvez vous faire accompagner par la police pour les récupérer.

Allez au Commissariat de police
au 17-19 boulevard Carl-Vogt

Demandez le formulaire « Demande d’assistance d’un agent de la force publique », remplissez-le sur place et faites-le viser. Apportez ensuite ce document au poste de police de votre quartier pour vous faire accompagner à votre domicile.

Si vous avez des bagages encombrants, prévoyez le transport (éventuellement un taxi).

5. VOUS ETES DEJA SEPAREE OU DIVORCEE

Cependant votre ex-mari ou ami ne cesse de vous harceler et de vous importuner.

La poursuite d’office s’applique dans l’année suivant la séparation ou le divorce, qu’il y ait ou non mariage (voir La poursuite d'office et les procédures judiciaires).

Vous êtes victime de violence psychologique
si, par exemple, votre ex-partenaire

  • vous insulte
  • vous menace
  • s’immisce dans votre vie privée
  • vous surveille
  • endommage vos biens
  • vous harcèle par téléphone.

Vous êtes victime de violence économique
si, par exemple, votre ex-partenaire

  • ne paie pas la ou les pensions fixées par la Justice.

Vous êtes victimes de violence physique
si, par exemple, votre ex-partenaire

  • vous agresse en diverses occasions, notamment lors de l’exercice de son droit de visite aux enfants.

Vous êtes victimes de violence sexuelle
si, par exemple, votre ex-partenaire

  • cherche à vous imposer des actes ou des contacts sexuels.

La plupart de ces comportements sont interdits par la loi.

Que faire ?
Pour toute forme de harcèlement, la solution la plus efficace est de porter plainte (voir La poursuite d'office et les procédures judiciaires) et de renouveler cette démarche aussi souvent que nécessaire.

La police et la justice peuvent utiliser des mesures contraignantes pour obliger votre ex-conjoint à respecter votre vie personnelle et votre intégrité. Toutefois, si vous le jugez utile, vous pouvez d’abord faire un appel à un tiers (famille, ami-e ou professionnel-le) susceptible d’intervenir pour faire cesser ces agissements.

Lorsque votre ex-partenaire ne paie pas la pension alimentaire fixée par le tribunal
, adressez-vous au SCARPA (Service cantonal d’avance et de recouvrement des pensions alimentaires) qui, sous certaines conditions, vous versera des avances et s’occupera de récupérer cet argent auprès de votre débiteur.
Inscrivez-vous dès que la pension n’est pas réglée, car les prestations ne prennent pas effet rétroactivement.

A noter que les avances du SCARPA cessent au bout de trois ans si le service n'arrive pas à obtenir le remboursement de celles-ci.

Quelques conseils pratiques

  • Notez précisément les faits au fur et à mesure, avec les dates. Cela vous sera utile si vous êtes amenée à porter plainte.
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  • Utilisez un répondeur automatique et filtrez vos appels. Si votre ex-partenaire y laisse des messages révélateurs, conserver la cassette ou faites-les archiver par votre messagerie.
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  • Faites inscrire votre numéro de téléphone sur liste protégée.

  • Si vous devez rencontrer votre ex-partenaire, fixer le rendez-vous dans un lieu public fréquenté.
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  • Suivez un cours d’autodéfense
    (voir adresses utiles).