Démarches urgentes

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Parler de l’agression vécue

Après l’agression, vous pouvez être en état de choc. Il est souvent difficile de faire des démarches et de prendre des décisions seule. Si vous vous sentez coupable et honteuse, si vous avez peur, si vous doutez de vous-même et de la réalité, sachez que ce sont des manifestations liées au contrecoup de l’agression.

Ces réactions sont normales. C’est ce que vous avez vécu qui n’est pas normal.

Si les violences sexuelles sont répétées, l’état de choc peut perdurer avec un sentiment de confusion très intense.

Le premier soulagement viendra en mettant des mots sur ce qui vous arrive, en rompant la peur, le silence et l’enfermement. Ne restez pas seule avec votre douleur et vos interrogations.

Parlez à une personne de confiance et/ou appelez un service professionnel.

 

Consulter des professionnel-le-s

Toute agression sexuelle a un caractère traumatique dont les effets varient en fonction de la gravité de l’acte, de l’état de la personne victime avant l’agression, du silence qui maintient l’isolement et le secret, des réponses aidantes ou culpabilisantes reçues de la part de l’entourage (voire des professionnel-le-s). Des soins médicaux et psychologiques rapides diminuent les conséquences de l’agression.

Vous pouvez vous adresser aux services suivants:

  • L’association Viol-Secours (022 345 20 20) pour un suivi individuel psychosocial (d’expression verbale, créatrice et/ou corporelle) et un accompagnement dans les différentes démarches.
  • Le Centre LAVI (022 320 01 02), pour des informations juridiques, un accompagnement tout au long de la procédure, un premier soutien psychologique et/ou une orientation vers des psychothérapeutes spécialistes en matière de violences sexuelles.
  • L’Unité Interdisciplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence, UIMPV (022 372 96 41), pour une prise en charge médicale et/ou psychologique.

 

La priorité est de prendre soin de vous, sur les plans physique et psychologique, et de vous mettre en sécurité.

 

Demander un constat d’agression sexuelle

Il est très important de garder des preuves de l’agression, même si vous n’avez pas l’intention de porter plainte dans l’immédiat. C’est pourquoi il est vivement recommandé d’effectuer un constat d’agression sexuelle.

Ce constat permettra d’effectuer les premiers examens physiques nécessaires, de soigner préventivement d’éventuelles maladies sexuellement transmissibles, de détecter une grossesse et de faire les observations et prélèvements médico-légaux utiles en cas de plainte pénale éventuelle. Il doit être fait le plus rapidement possible après l’agression pour que les traitements prophylactiques soient efficaces (pour prévenir une grossesse, le sida, ou toute autre maladie sexuellement transmissible) et pour pouvoir mettre en évidence les preuves (traces de sperme ou de sang, lésions occasionnées, état physique et psychique consécutif à l’agression). Cependant, il est toujours utile de faire un bilan médical de contrôle, même plus tardivement. Nous vous conseillons, même si cela est difficile, de préciser les raisons pour lesquelles vous consultez.

A Genève, le mieux est de vous rendre à :

La Maternité de l’Hôpital cantonal où un constat d’agression sexuelle complet peut être fait en urgence, 24h/24. Vous pourrez y obtenir les soins médicaux, la prophylaxie et la prise en charge médico-légale nécessaires. Une personne de l’Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (UIMPV) sera appelée avec votre accord, afin que vous puissiez bénéficier d’un soutien médico-psycho-social global. Comme toute prise en charge médicale, elle est couverte par le secret professionnel et la confidentialité est garantie.

Certaines caisses-maladie/accident ne remboursant pas le constat médical (ou si vous n’avez pas d’assurance), le Centre LAVI peut prendre en charge ces frais si vous en faites la demande lors d’un entretien et sur présentation de la facture originale.

Vous pouvez aussi vous rendre d’abord à :

L’Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (UIMPV) si vous avez besoin de conseils et d’informations, ou si vous avez des doutes sur la nécessité d’un bilan médical. Le personnel peut vous renseigner et effectuer un bilan de santé ainsi qu’une évaluation de l’impact des violences sur votre personne et votre qualité de vie. Il vous offre un soutien, une orientation et un accompagnement vers le réseau professionnel.

Vous pouvez également demander une consultation à :

Votre médecin ou gynécologue privé-e, en lui demandant d’établir un constat détaillé sur votre état physique et psychique. L’UIMPV est à disposition des médecins pour tout conseil en matière de constat d’agression sexuelle et peut également leur délivrer un kit complet pour les prélèvements nécessaires, c’est-à-dire un coffret comprenant tous les tests requis pour le constat.

Le constat d’agression sexuelle ne vous oblige pas à porter plainte mais vous fournira des éléments de preuve essentiels si vous décidez de le faire plus tard.

 

Conserver les preuves

D’un point de vue médico-légal et pour préserver tout indice de l’agression, il est vivement recommandé de :

  • ne pas se laver, ni laver ses vêtements
  • conserver le matériel susceptible de porter des traces venant de l’agresseur (sous-vêtements, draps, etc.), au sec et sans le laver, dans un sac en papier de préférence, afin de préserver un maximum de preuves (salive, sperme, sang, poils, cheveux, etc.)
  • faire établir un constat médical comme indiqué ci-dessus
  • faire des photos en cas de blessures ou de dégâts visibles, si possible datées
  • recueillir l’identité d’éventuel-le-s témoins.

Garder des preuves de l’agression vous sera très utile si vous choisissez de porter plainte par la suite. Vous ne pourrez pas les obtenir plus tard alors qu’il est possible de les conserver sans jamais vous en servir.

 

Se protéger, rétablir sa sécurité

Se mettre à l’abri de nouvelles violences vous permettra de mieux surmonter le choc de l’agression et de vous retrouver. Voici quelques mesures qui peuvent contribuer à rétablir votre sécurité et à éviter de nouvelles agressions :

  • solliciter l’aide de votre entourage ou de professionnel-le-s
  • faire intervenir la police (No 117)
  • dénoncer les violences ou déposer une plainte pénale, ce qui permet d’enclencher une poursuite contre l’auteur des violences, voire de l’arrêter et de l’inculper (voir chapitre 5.1 Dénonciation et plainte)
  • couper le contact avec l’agresseur si vous le connaissez
  • recourir à un foyer d’hébergement (ou un hôtel bon marché) si nécessaire.

Sachant qu’un hébergement d’urgence n’est pas gratuit, dans certains cas et sous certaines conditions, la victime peut demander une participation financière au Centre LAVI pour la prise en charge immédiate de l’hébergement.