Emotional Work in the Care of Victims of Violence
- Nov 28, 2025
- 3 min read
A scientific symposium was jointly organized by the Office for the Promotion of Equality and the Prevention of Violence (BPEV) and the Interdisciplinary Unit for Medicine and Violence Prevention (HUG) on November 25, 2025.
The LAVI Center participated in the event and is sharing the summary and recommendations resulting from it (in French), which were developed to address the challenges of this work in support practices.

Synthèse de l’exposé de Michela Villani
Les personnes victimes de violences sexuelles peuvent être envahies par des émotions (honte, impuissance, peur, colère, etc.) et des doutes sur le déroulement des faits (pas de souvenirs, souvenirs troubles, consentement pas clair, etc.) qui génèrent chez elles beaucoup de souffrance, d’autant plus que les violences sexuelles s’inscrivent dans une vision très stéréotypée et culpabilisante de la société.
Le travail émotionnel réalisé par les professionnel·les qui les accompagnent est essentiel pour améliorer leur prise en charge. Il passe par un ensemble de pratiques implicites et explicites qui nécessite de leur part une régulation et une mobilisation conscientes.
Par ailleurs, les professionnel·les qui accompagnent les personnes victimes de violences sexuelles sont confronté·es à des récits réitérés de violence, ce qui les impacte et les met à risque notamment de fatigue de compassion, laquelle peut créer un risque d’épuisement professionnel et un sentiment d’échec dans la prise en charge.
Ce sentiment provoque une distanciation vis-à-vis des personnes victimes de violences sexuelles, qui peuvent ressentir à leur tour une absence de soutien, voire une forme de maltraitance, ce qui aboutit à une victimisation secondaire.
Les SRE (stratégies de régulation émotionnelle) représentent des compétences nécessaires, qui doivent être implémentées dans les formations et les pratiques professionnelles.
Bonnes pratiques et recommandations pour les professionnel·les vis-à-vis des professionnel·les
Former les collaborateurices sur le travail émotionnel.
Poser et réguler un cadre de travail attentif et cohérent avec les enjeux du travail émotionnel attendu des collaborateurices. Notamment, sur ce sujet, implémenter :
Des objectifs d’intégration des nouveaux
Des séances thématiques
Des jeux de rôle / shadowing ciblés
Prévoir un présentiel minimal de collaborateurices, en tant que mesure de sécurité mais aussi car cela permet les échanges internes sur les situations.
Mener des supervisions, des intervisions et des débriefings sur les situations complexes difficiles, en interne, mais aussi avec le réseau externe ; intégrer le temps et les ressources financières nécessaires dans ce but dans les budgets et l’organisation des institutions concernées.
Prévoir des temps d’échanges dédiés aux situations complexes résolues positivement (buts: partager les bonnes pratiques et augmenter la satisfaction compassionnelle).
Favoriser des collaboration interdisciplinaires, pour apporter plus de cohérence dans la prise en charge et permettre à chacun·e de se concentrer sur son propre travail, y compris avec le réseau. A ce sujet, il est rappelé que la permanence téléphonique de Viol Secours (022 345 20 20, permanence@viol-secours.ch) ou du Centre LAVI (022 320 01 02, info@centrelavi-ge.ch) sont ouvertes aux professionnel·les.
Promouvoir un cadre de travail favorable, dans les faits (humour, solidarité, entraide, moments de jeux et de détente intra-institutionnels pendant les pauses, etc.)
Former le personnel sur, et mettre en œuvre des techniques (visualisation, méditation, autohypnose, etc.) et des stratégies de régulation des émotions (visualisations, respiration, etc.)
Réaliser un travail auto-perceptif durant les entretiens : effet miroir, focusing, etc.
Faire des coupures de quelques minutes (se lever, boire un verre d’eau, sortir de la pièce un instant, se laver les mains, etc.)
Faire des exercices physiques de décharge des émotions (frite de bain, balle en mousse, etc.)
S’appuyer sur un cadre d’analyse militant, par exemple féministe, qui thématise les enjeux de pouvoir sociétaux, de violence, y.c. intra-institutionnels
Avoir des routines de transition entre la vie professionnelle et privée (marche, trajets)
Faire des activités équilibrantes hors du travail (sport, culture, art, relaxation, etc.)
Bonnes pratiques et recommandations pour les professionnel·les vis-à-vis des personnes victimes de violences
Signifier qu’il s’agit d’un lieu sécurisé où tout peut être dit
Veiller à l’agencement des locaux, favorable à la confiance et à la sécurité : position des meubles, lumière, sons, etc.
Adopter une attitude contenante / cadrante
Verbaliser / reformuler les émotions exprimées (stress, honte, peur, colère, etc.)
Valider et normaliser les émotions ressenties
Mener un travail de psychoéducation
Activer les ressources, thématiser les victoires
Fournir un plan d’action et des informations sur le réseau, par écrit
Sensibiliser sur les outils psychocorporels (techniques d’ancrage, de stabilisation)
Veiller à faire réitérer le consentement / l’accord / la validation aux gestes ou aux propositions faites, tout au long de l’entretien
Proposer de faire des pauses pendant l’entretien si nécessaire
Utiliser les animaux (chiens, chats notamment) de soutien émotionnel
Proposer des prestations qui permettent de travailler sur les ressources communes et sur l’imaginaire (groupes d’art-thérapie, etc.)
Susciter un engagement public, collectif, sur un plan artistique, politique, ou autre
Travailler sur la déconstruction des stéréotypes liés aux violences sexistes et sexuelles



